Le 12 mai 2026, Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, a été auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les dépendances numériques. Son avertissement est sans détour : sans action urgente, l’Europe deviendra un « État vassal » des États-Unis en matière d’IA d’ici deux ans.
Trois dépendances critiques
Mensch cible trois maillons où l’Europe décroche : les puces (dépendance à Nvidia et TSMC), l’électricité (capacité insuffisante pour alimenter les datacenters), et les datacenters eux-mêmes. Son chiffre choc : un déficit commercial IA potentiel de 1 000 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 10 % de la masse salariale européenne, si rien ne change.
La charge contre RGPD et AI Act
Le PDG de Mistral critique frontalement le RGPD et l’AI Act, qui selon lui « favorisent les gros » et poussent les entrepreneurs vers les États-Unis. Un discours à la fois stratégique et — certains observateurs le notent — perçu comme un appel aux investisseurs autant qu’aux députés. Mistral, en levant des fonds, a intérêt à un cadre réglementaire allégé.
Ce que ça change pour l’Alsace
Au-delà du débat parisien, l’alerte de Mensch a une traduction locale : la souveraineté IA se joue aussi dans les territoires. Former les équipes alsaciennes à des outils européens (Mistral inclus), structurer une demande locale, c’est contribuer concrètement à l’autonomie que réclame le PDG. La dépendance ne se combat pas qu’à l’échelle nationale : elle se construit aussi, ou se subit, entreprise par entreprise.
Source : L’Usine Digitale

