Veille IA // Samedi 28 mars 2026 // Strasbourg

Près d’un Français sur deux utilise désormais l’IA générative. C’est le chiffre marquant du Baromètre du numérique 2026, publié par le CREDOC pour le compte de l’ARCEP, de l’ANCT et du CGE. En deux ans, le taux d’adoption est passé de 20% à 48%. Du jamais vu en 25 ans de baromètre : aucune technologie numérique n’avait été adoptée aussi vite.

📋 Dans cet article

  1. Les chiffres clés
  2. Ce que j’en retiens
  3. Glossaire express

Les chiffres clés

L’enquête, menée auprès de 4 145 personnes représentatives de la population française de 12 ans et plus, dresse un tableau contrasté de l’adoption de l’IA générative en France.

Côté adoption brute, les résultats sont spectaculaires. 85% des 18-24 ans ont déjà utilisé un outil d’IA générative — dont 73% pour l’aide aux devoirs. Chez les 25-39 ans, la pénétration reste forte. Chez les cadres, on atteint 76% d’utilisateurs. En comparaison, il avait fallu cinq ans à internet pour passer de 23% à 55% d’adoption.

Mais le tableau n’est pas uniforme. Seulement 15% des plus de 70 ans déclarent avoir utilisé l’IA générative. La fracture générationnelle est nette, et elle recoupe largement la fracture sociale : diplôme, catégorie socioprofessionnelle et lieu de résidence restent des facteurs déterminants.

L’accès aux outils IA dans le cadre professionnel a bondi de 40% à 60% des salariés en un an. Pourtant, selon une étude complémentaire, seules 34% des entreprises estiment avoir réellement transformé leur activité grâce à l’IA.

Ce que j’en retiens

Ce baromètre confirme ce qu’on observe au quotidien à Strasbourg et dans le Grand Est : l’IA générative n’est plus un sujet de curieux ou de technophiles. Elle s’est installée dans les usages, vite, et massivement chez les jeunes.

Mais je me méfie des gros chiffres. 48% d’utilisateurs, c’est impressionnant. Sauf que « utiliser » l’IA générative, ça va de la question posée une fois à ChatGPT au flux de travail quotidien intégré. Le vrai indicateur, ce n’est pas l’adoption — c’est l’impact. Et là, le fossé est encore large : les deux tiers des entreprises qui ont donné accès à l’IA à leurs salariés n’en tirent pas de transformation réelle.

L’autre signal d’alerte, c’est la fracture. L’IA ne touche pas tout le monde de la même façon. Les seniors, les moins diplômés, les territoires ruraux restent largement en marge. À Strasbourg, des initiatives locales comme celles portées par le cluster ENACT ou les formations ANFH pour les hôpitaux montrent que la médiation et l’accompagnement font la différence. Sans ça, le chiffre de 48% masque une réalité beaucoup plus fragmentée.

Dernier point : la vitesse d’adoption n’est pas synonyme de maturité. L’IA générative se diffuse plus vite qu’internet à son époque, mais les usages restent souvent superficiels. Le vrai défi, maintenant, c’est de passer de la curiosité à la compétence.

Glossaire express

IA générative — Technologie d’intelligence artificielle capable de produire du texte, des images, du code ou du son à partir d’instructions en langage naturel (prompt). Exemples : ChatGPT, Mistral, Claude, Midjourney.

Baromètre du numérique — Enquête annuelle du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), réalisée pour l’ARCEP et l’ANCT, qui mesure les usages numériques des Français depuis 2000.

Fracture numérique — Inégalité d’accès et d’usage des technologies numériques selon l’âge, le niveau de diplôme, la catégorie socioprofessionnelle ou le territoire. L’IA générative accentue cette fracture avec un fossé générationnel marqué.

Taux d’adoption — Proportion de la population ayant utilisé au moins une fois une technologie donnée. Ne mesure ni la fréquence, ni la profondeur de l’usage — d’où la nécessité de croiser avec d’autres indicateurs d’impact.

⚡ À retenir

  • Près d’un Français sur deux utilise désormais l’IA générative.
  • 85% des 18-24 ans
  • 76% d’utilisateurs

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