La souveraineté numérique n’est plus seulement un discours. En une semaine, trois annonces l’ont traduite en choix concrets. La MAIF a d’abord expliqué avoir intégré depuis un an un critère de souveraineté dans ses achats informatiques : siège du fournisseur, actionnariat, lieu de la recherche, localisation des centres de données. Résultat, selon son directeur des systèmes d’information Nicolas Siegler, la mutuelle retient des solutions européennes « dans plus de 50 % des cas ». Pour l’IA générative, elle a choisi Scaleway pour l’infrastructure et Mistral AI pour les modèles, en complément de Microsoft Copilot, toujours utilisé par ses équipes.
Le 28 septembre, OVHcloud et CGI ont ensuite été retenus par l’Agence spatiale européenne pour bâtir « Digital EO », une infrastructure souveraine qui fédérera les données d’observation de la Terre des programmes européens comme Copernicus. L’ESA s’attend à plus de 500 pétaoctets de données d’ici 2035. Enfin, le 29 septembre, le Commissariat au numérique de défense a présenté Arcadia, un système de commandement interarmées centré sur la donnée et appuyé sur l’IA, porté par l’état-major, la DGA et l’agence ministérielle de l’IA de défense. Un premier palier est attendu fin 2027. Selon Le Monde et RFI, la France le pousse comme alternative au logiciel de l’américain Palantir, adopté par l’OTAN.
Une mutuelle, une agence spatiale, une armée : trois mondes, une même logique. Réduire les dépendances, c’est rarement tout remplacer d’un coup ; c’est choisir européen chaque fois que c’est possible, et le dire.
Sources
- IT for Business — La MAIF et le critère de souveraineté
- LeMagIT — La MAIF choisit Mistral, Scaleway et Diabolocom
- OVHcloud — OVHcloud et CGI retenus pour Digital EO
- Techzine — European cloud environment for satellite data
- Ministère des Armées — Le CND fête sa première bougie
- Defence Matters — France’s Arcadia and NATO’s classified networks
