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Xiaomi MiMo-V2.6 : le fabricant de téléphones prend la tête des modèles ouverts

Le 22 septembre, Xiaomi a publié MiMo-V2.6, premier des modèles à poids ouverts selon Artificial Analysis. Licence MIT, prix très bas, mais une accusation de distillation signée Anthropic.

Xiaomi MiMo-V2.6 : le fabricant de téléphones prend la tête des modèles ouverts

On connaissait Xiaomi pour ses téléphones, ses trottinettes et, depuis peu, ses voitures électriques. Il faut désormais compter sur lui dans la course aux modèles d’IA. Le 22 septembre, le groupe chinois a publié la série MiMo-V2.6, et son modèle phare se hisse en tête des modèles à poids ouverts selon le classement du cabinet indépendant Artificial Analysis. Une percée qui arrive pourtant avec une ombre : Xiaomi figure parmi les laboratoires qu’Anthropic accuse d’avoir aspiré les réponses de Claude.

Trois modèles, des poids libres et des prix bas

La série compte trois versions. MiMo-V2.6-Pro est un mélange d’experts de 1 020 milliards de paramètres, dont 42 milliards seulement travaillent à chaque étape. MiMo-V2.6-Flash, plus léger, en compte 310 milliards pour 15 milliards actifs. Une variante Pro-UltraSpeed promet enfin la même qualité que le Pro, jusqu’à vingt fois plus vite. Tous comprennent le texte, l’image, l’audio et la vidéo, et gèrent un contexte d’un million de tokens.

Les poids sont téléchargeables sur Hugging Face sous licence MIT, qui autorise l’usage commercial sans condition. Côté API, les tarifs sont parmi les plus bas du marché : 0,435 dollar par million de tokens en entrée et 0,87 en sortie pour le Pro, 0,14 et 0,28 pour le Flash. Artificial Analysis donne au Pro une note de 46 sur son indice d’intelligence, juste devant GLM-5.3 de Zhipu et Kimi K3 de Moonshot. Xiaomi a même détaillé le coût de sa dernière phase d’apprentissage par renforcement : moins de six jours et environ 2,6 millions de dollars pour le Pro. Il a aussi ouvert plus de 7 000 environnements d’entraînement, sous la même licence libre.

L’ombre de la distillation

Le 10 septembre, douze jours avant cette sortie, Anthropic a publié un rapport sur les usages abusifs de ses modèles. Il accuse sept laboratoires chinois, dont Xiaomi, de « distillation illicite » : interroger massivement Claude pour récupérer ses réponses et s’en servir afin d’entraîner leurs propres modèles. Selon Anthropic, Xiaomi aurait envoyé plus de 400 000 requêtes en vingt jours, entre mars et avril, via 1 500 comptes et des services servant à masquer l’origine du trafic. Xiaomi n’a pas répondu publiquement à ces accusations, et rien ne permet d’établir ce que MiMo-V2.6 doit, ou non, à ces échanges.

Ce qu’on peut en retenir

Pour qui cherche des alternatives aux grands modèles fermés, la nouvelle est plutôt bonne. Un modèle de premier plan sous licence MIT peut être installé sur des serveurs européens, adapté, contrôlé. C’est exactement ce que réclament les défenseurs de l’open source et de la souveraineté numérique. Mais « poids ouverts » ne veut pas dire « fabrication transparente » : on peut télécharger le modèle sans savoir sur quoi il a appris.

L’affaire a aussi quelque chose d’ironique. Les laboratoires américains, eux-mêmes critiqués pour avoir entraîné leurs modèles sur des textes, des livres et des œuvres récupérés sans autorisation, dénoncent aujourd’hui qu’on copie leurs réponses. La question de fond reste la même des deux côtés du Pacifique : qui a le droit de se servir du travail des autres pour fabriquer une IA, et à quelles conditions ? MiMo-V2.6 rejoint en tout cas notre radar des modèles.

Sources

AnthropicChineModèles IAOpen SourceXiaomi

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