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Anthropic annonce 16,8 milliards de chiffre d’affaires au trimestre, avant son entrée en Bourse

Présentés à huis clos aux investisseurs, les chiffres du créateur de Claude impressionnent. Mais ce ne sont pas des comptes audités, et les engagements colossaux du prospectus n’ont pas disparu.

Anthropic annonce 16,8 milliards de chiffre d’affaires au trimestre, avant son entrée en Bourse

Anthropic a ouvert ses comptes, mais pas au public. Mercredi 14 octobre, à San Francisco, l’entreprise qui développe Claude a présenté pour la première fois ses résultats du troisième trimestre à des investisseurs institutionnels triés sur le volet, en préparation de son entrée en Bourse. Selon deux participants cités par Reuters, son chiffre d’affaires a atteint 16,8 milliards de dollars sur le trimestre, contre environ 11,5 milliards au deuxième et un peu moins de 5 milliards au premier : une hausse d’environ 45 % en trois mois. Selon le Financial Times, l’entreprise affiche une marge opérationnelle « ajustée » de 11 %, calculée hors rémunérations en actions. Anthropic n’a rien confirmé, et il ne s’agit pas de comptes audités.

Aucune date d’introduction en Bourse n’est officielle, et le prospectus définitif n’est toujours pas public. Selon Reuters, la cotation interviendrait après les élections américaines de mi-mandat, en novembre, pour une valorisation visée au-delà de 2 000 milliards de dollars, ce qui en ferait la plus grosse entrée en Bourse de l’histoire. Le Financial Times rapporte que l’entreprise génère désormais des liquidités, avec 1,70 dollar de revenu pour chaque dollar dépensé en calcul.

La croissance, et sa face cachée

Ces chiffres impressionnent, mais ils ne disent pas tout. Il y a deux semaines, nous lisions le projet de prospectus d’Anthropic : plus de 518 milliards de dollars d’engagements en calcul sur dix ans, loués en grande partie à Google et Amazon, qui sont à la fois ses actionnaires, ses fournisseurs et ses concurrents. Une perte d’exploitation de plus de 8 milliards en 2025. Et un tiers du document consacré aux risques. Une rentabilité « ajustée », c’est-à-dire calculée en écartant certaines charges, ne dit rien de la manière dont ces engagements seront honorés si la croissance ralentit.

Il y a aussi un enjeu de transparence. Les chiffres qui circulent viennent d’une réunion privée, rapportés par des participants : les investisseurs institutionnels en savent plus que le public, et que les entreprises qui confient leurs données à Claude. Le prospectus public, attendu dans les prochaines semaines, sera le premier document où Anthropic engage sa responsabilité sur ces chiffres. C’est lui qu’il faudra lire. La semaine même où l’Union européenne interroge OpenAI et Anthropic sur leurs incidents de sécurité, l’IA dite « responsable » se prépare à devenir l’une des entreprises les plus chères de la planète. Les deux histoires sont liées : à 2 000 milliards de valorisation, la pression pour aller vite ne viendra plus seulement des concurrents, mais des actionnaires.

Sources

AnthropicClaudeÉtats-UnisModèles IA

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