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Berlin laisse tomber, pour l’instant, l’IA publique franco-allemande avec Mistral et SAP

Annoncé en novembre 2025 comme la vitrine de la souveraineté européenne, l’accord-cadre devait être signé avant l’été. Le ministère allemand du Numérique dit n’avoir « aucun projet d’achat » chez Mistral.

C’était la vitrine de la souveraineté numérique franco-allemande. Le 18 novembre 2025, à Berlin, la France et l’Allemagne annonçaient avec Mistral AI et SAP une « IA souveraine pour l’administration » : un progiciel de gestion dopé à l’IA, le contrôle automatisé des factures, des agents numériques pour les fonctionnaires et les citoyens, le tout piloté par un conseil franco-allemand et formalisé par un accord-cadre « d’ici mi-2026 ». L’échéance est passée sans signature. Et vendredi 9 octobre, selon la lettre Politico puis Die Welt, un porte-parole du ministère allemand du Numérique a tranché : il n’y a « aucun projet d’achat fédéral » auprès de Mistral, les entreprises poursuivent leur coopération « de façon autonome ». SAP confirme continuer à travailler avec Mistral ; Mistral n’a pas réagi, Paris non plus. Aucun motif officiel n’est avancé.

Ce n’est pas une rupture annoncée, plutôt un projet qu’on laisse s’éteindre. Le contexte éclaire : en mai, Berlin a attribué par appel d’offres sa propre « KI-Cloud » souveraine, environ 250 millions d’euros, à des consortiums menés par T-Systems et SAP ; en juin, le champion allemand Aleph Alpha est passé sous pavillon canadien avec Cohere, ministre présent ; et le moteur de recherche Ecosia vient de quitter Mistral pour des modèles ouverts chinois en invoquant la qualité. Une semaine après Mistral Large 4, présenté comme la preuve que l’Europe peut rivaliser, l’Europe des administrations, elle, semble avancer chacun chez soi. La presse française n’a pas encore relevé l’information.

Sources

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