À Washington, l’IA change de nom avant de changer de règles. Le 29 septembre, à l’issue d’un déjeuner à la Maison-Blanche, Donald Trump a fait signer aux patrons de six géants du secteur un « accord sur la superintelligence » : Sundar Pichai (Google), Dario Amodei (Anthropic), Mark Zuckerberg (Meta), Greg Brockman (OpenAI), Elon Musk (xAI) et Jensen Huang (Nvidia). Les entreprises s’engagent à mettre en place des contrôles internes sur les capacités de leurs modèles (cybersécurité, armes biologiques et chimiques, accès imprévu à des systèmes informatiques), une équipe chargée de vérifier qu’ils fonctionnent, un auditeur externe indépendant et un comité de leur conseil d’administration pour suivre les corrections. Elles promettent aussi de se réunir régulièrement pour élaborer des normes communes.
Le texte ne prévoit ni sanction ni régulateur : Donald Trump l’a qualifié de « moralement contraignant », le président de la Chambre, Mike Johnson, de « déclaration de principes ». Le même jour, un décret présidentiel a imposé aux administrations fédérales de dire « Super Intelligence » plutôt qu’« intelligence artificielle » dans leurs communications, sans rien changer à la définition légale. Pendant ce temps, la Floride demande à un juge de bloquer les nouveaux modèles d’OpenAI faute de garde-fous indépendants. Deux visions s’opposent aux États-Unis, l’engagement volontaire et le recours au droit ; l’Europe, avec l’AI Act, a choisi des obligations écrites.
Sources
- Maison-Blanche — Inaugurating the Era of Super Intelligence (décret)
- ABC News — Top AI leaders meet Trump at the White House
- Infosecurity Magazine — Trump and AI giants sign super intelligence accord
- Al Jazeera — How does Trump’s White House AI accord work?
- IAPP — AI by any other name
- Axios — Florida seeks injunction to halt OpenAI model development
