Deux signaux contraires sur l’argent de l’IA. D’un côté, le spécialiste londonien de la voix de synthèse ElevenLabs est désormais valorisé 22 milliards de dollars, le double de février. Il ne s’agit pas d’une levée de fonds : des salariés et des actionnaires revendent 300 millions de dollars d’actions à de grands investisseurs comme Wellington Management et T. Rowe Price. L’entreprise revendique 600 millions de dollars de revenus annuels récurrents, portés par ses agents vocaux.
De l’autre, la Banque d’Angleterre s’inquiète. Dans le compte rendu de son comité de stabilité financière, publié le 30 septembre, elle juge que les valorisations des valeurs de l’IA restent élevées, portées par de fortes attentes de bénéfices, et que l’endettement croissant, l’opacité et certains « montages circulaires » pourraient amplifier les pertes si ces attentes étaient déçues. Les chiffres qu’elle cite donnent le vertige : environ 450 milliards de dollars de dette liée à l’IA émis dans le monde depuis janvier, selon Morgan Stanley, plus du double de 2025. Ces montages circulaires, ce sont par exemple ceux que décrit le prospectus d’Anthropic, où les mêmes géants sont à la fois investisseurs, fournisseurs et clients.
