Google ouvre au grand public son détecteur de filigranes SynthID. Depuis le 7 octobre, n’importe qui peut déposer une image, une vidéo ou un fichier audio sur le site de l’outil pour savoir s’il porte la signature invisible que Google, mais aussi OpenAI, NVIDIA et le coréen Kakao, glissent dans les contenus générés par leurs IA. Apple doit suivre. L’outil est disponible partout, y compris en France, mais en anglais seulement, après connexion avec un compte Google, Apple ou OpenAI, et avec un plafond d’une dizaine de vérifications par jour selon la presse : Google craint qu’on s’en serve pour apprendre à effacer le filigrane.
C’est un progrès réel : on peut enfin vérifier soi-même, là où le filigrane des textes de ChatGPT reste réservé à quelques chercheurs. Mais deux limites demeurent. Le texte est exclu, alors que Google a ouvert le code de SynthID Text dès 2024. Et l’outil le dit lui-même : ce n’est pas un détecteur d’IA général. Un résultat négatif ne prouve rien, puisque Claude ou un modèle ouvert qui tourne sur un ordinateur ne portent pas ce filigrane. L’AI Act impose le marquage des contenus générés ; la détection, elle, reste pour l’instant entre les mains de ceux qui marquent. Le code de bonnes pratiques européen prévoit une détection interopérable début 2027.

