La Finlande a sommé Google d’arrêter deux chantiers de centres de données. Mardi 6 octobre, l’autorité finlandaise des permis et de la surveillance (LVV) a enjoint à Tuike Finland, la filiale du groupe, de suspendre les travaux à Muhos et à Kajaani, dans le nord du pays : abattage, décapage des sols, excavations, drainage. Google y avait déjà défriché, selon ses propres chiffres, environ 330 hectares de forêt à Muhos et un peu moins de 200 à Kajaani, sans attendre la fin des études d’impact environnemental. La suspension court jusqu’à ce que ces études soient terminées, ce qui peut prendre des mois. Google a jusqu’au 14 octobre pour s’expliquer et doit arrêter les travaux au plus tard le 23, faute de quoi l’autorité envisage une astreinte.
Le géant reconnaît ne pas avoir été, dans ce cas, à la hauteur des exigences qu’il s’était fixées, promet de replanter 130 hectares et de se conformer à la décision. Ces deux sites font partie d’un plan de 13 milliards d’euros en Finlande. La leçon dépasse le pays : un régulateur européen peut freiner un géant du numérique quand il prend de court l’évaluation environnementale. En Alsace, où le projet de Microsoft à Petit-Landau soulève lui aussi des questions sur l’énergie et le foncier, l’exemple finlandais mérite d’être retenu.

