Meta a publié le 15 octobre les poids de « Muse Spark Open », une version de son modèle Muse Spark que chacun peut désormais télécharger sur Hugging Face et faire tourner sur ses propres serveurs : 816 milliards de paramètres, dont 42 milliards mobilisés à chaque réponse, et une mémoire de travail d’un million de tokens. La licence maison, la « Muse Model License », autorise l’usage, la modification, l’adaptation et même la distillation dans d’autres modèles, y compris dans l’Union européenne. Elle impose d’afficher « Built with Muse Spark Open », et oblige les entreprises qui revendent le modèle en service et réalisent plus de 20 millions de dollars de chiffre d’affaires à signer un accord séparé avec Meta. Ce sont donc des poids ouverts, pas un logiciel libre au sens strict.
Nous écrivions le 13 octobre, dans « Meta ferme la porte », que la promesse de Mark Zuckerberg d’ouvrir les poids de Muse Spark n’était pas tenue. Deux jours plus tard, elle l’était, en partie : le modèle publié ne porte pas le numéro de version promis en août, et il est nettement moins performant que les modèles fermés de Meta, selon les propres chiffres du groupe. Muse Wonder, son modèle de pointe présenté le 12 octobre, reste payant et propriétaire, et Alexandr Wang, qui dirige les laboratoires de Meta, a prévenu que l’entreprise n’ouvrira généralement pas ses modèles les plus puissants. La presse spécialisée y voit surtout une réponse aux modèles ouverts chinois. C’est une bonne nouvelle pour ceux qui veulent héberger un grand modèle chez eux. Notre lecture d’ensemble ne change pas : chez Meta, l’ouverture est désormais réservée à ce qui n’est plus à la pointe.
